Samedi 18 avril, belles lignes en champsaur

Publié le par Olilene

Pic du Mourre de la Mine, Couloirs N
D+/D-:
1800m
Cot:  5.2 et 5.3, topo détaillé des ouvreurs
Neige: 40 à 50 de poudre légère sans cohésion
Météo: Grand beau puis cumulus à la mi journée
Participants: Olivier, Hélène et Manu Le Folgoc

CR de Manu sur Volopress

Photo de février 2009, face encore sèche, photo prise le lendemain de notre descente ici.

Repérés il y a quelques années lors du beau circuit des espères, ils étaient tombés dans l'oubli car les précédentes saisons étaient plutot sèches dans le secteur. Les djeuns de skitour ont dépoussiéré les cartons et nous avons eu alors de nouveau envie de poser nos spatules dans cette belle face. Par contre nous attendions un meilleur remplissage de la face, envisageable au printemps. Ce samedi les conditions sont idéales puisqu'il vient de neiger de bonnes quantités (40-50cm) et le temps reste frais.

L'aube pointe alors que la lune surveille la crête du pré du bouc

Le pied de la face, ouvert à l'est prend les premiers rayons de soleil

Les nuages bourrent par l'est mais nous laisseront tranquilles

On commence par le couloir de gauche

Les corniches ne nous inspirant pas confiance, nous tentons une sortie plus à gauche sur l'arete

Malheureusement, des dalles cachées sous la poudre nous attendent et nous nous résignons à retraverser à droite et à remonter sous les corniches. 50m sous celles-ci c'est la neige qui pose problème: 40cm de neige dense se détachant en plaques sur un fond de 50cm de gobelets...On est pas à 50m près et on prend la tangente.

La neige est extra même si elle colle à tout (chaussures, gants vêtements). Le soleil ne chauffe pas encore et on se fait plaisir.

Manu s'éclate

On replonge dans l'ombre

Depuis le début de la descente j'ai des sensations bizarres dans une chaussure: le téton de verrouillage du levier a pris un jeu inquiétant...C'est donc sur des oeufs que je finis la descente...car je n'ai pas envie de finir sur une seule jambe!

Malgré ce soucis technique, on remonte dans le couloir de droite, au pire je descendrai tout avec une chaussure chewing gum si l'axe se rompt.

















Finalement ca a l'air de tenir et l'ambiance est fabuleuse. Ca tourne tout le long, sauf quelques mètres en bas, où ca passe tout juste avec des 170.


















Un couloir taillé pour Manu avec ses patinettes

Plus bas c'est toujours aussi bon et le soleil commence à peine à alourdir la neige.

Par contre les pentes du bas, qui voient le soleil depuis le matin et sous l'effet loupe des cumulus qui viennent de se former, commencent à purger alors que nous descendons. C'est donc avec la tête en l'air et l'angoisse de se prendre une volée de neige lourde sur le casque que nous atteignons la rive droite du ressaut inférieur, glacé sur 2-3 m et qui canalise tout ce qui vient du haut. Là nous sommes protégés mais des purges de + en + grosses dévalent la face pour finir irrémédiablement dans le goulet du bas...

Gros moment de solitude car dans ces conditions il n'est pas envisageable de prendre le temps de déchausser pour désescalader tranquilement le ressaut.
2 choix s'offrent à nous: attendre que le soleil passe et que tout soit descendu, ou alors tenter la roulette russe et essayer de franchir le ressaut à skis entre 2 salves.
Finalement nous opterons pour un compromis des 2: après avoir attendu 45min que le gros du merdier dévale la face et que la fréquence entre 2 purges augmente sensiblement, nous tentons un par un, la peur au ventre, sous le regard vigilant des 2 autres, une traversée qui permet de rejoindre la rive gauche du ressaut, jusque là protégée des purges.

Par chance nous arrivons à franchir ces quelques mètres acrobatiques (mi-mixte, mi-glace) skis aux pieds et donc assez vite, et la délivrance est là...(on devine LN qui arrive au niveau du coupe gorge).
On rejoint alors tranquilement le parking (déchaussage de 5 minutes en restant rive droite) dans une neige désormais bien collante.

Au final de bonnes conditions pour 2 beaux itinéaires mais les cumulus ont eu un effet catalyseur sur le réchauffement des pentes inférieures et à 15 minutes près nous n'aurions pas vu une purge....L'aventure se termine bien mais il faut se méfier de ces pentes inférieures après une grosse chute et surveiller son horaire de descente!

Publié dans Ski

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S
Que la fréquence, ou que la période, augmente ? Parce que plus ça va moins vite, moins ça se produit plus souvent...
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